Hiver noir est le témoin de la naissance, d’un instant suspendu, celui où la nature, semble s’éteindre pour mieux se transformer. Le bois, marqué par le feu, selon la technique japonaise du Yakisugi, porte le témoignage de cette traversée. Brûlé, il ne disparaît pas, il se densifie, se protège, se révèle. La flamme, ne symbolise plus une destruction, mais un passage, une métamorphose silencieuse qui inscrit la mémoire du temps dans la matière. Chaque surface noircie devient une peau, striée, vivante, où la lumière accroche et se retire.
L’hiver, ici, n’est pas une fin mais une phase en dormance. Une saison intérieure, où les formes, se dépouillent, où l’essentiel subsiste. Le noir, loin d’absorber toute présence, agit comme un révélateur, il approfondit les volumes, il renforce les lignes, il fait vibrer les reliefs. Dans cette obscurité volontaire, le mobilier se résume à une création presque monastique, où chaque assemblage, chaque angle, dialogue avec le silence. Le feu, fige paradoxalement le bois dans un état de résistance, le rendant  plus durable, plus stable.
La collection Hiver noir, désigne ainsi, aussi bien un paysage mental qu’un état de matière. Une série de meubles, née d’un paradoxe, la brûlure comme protection, l’ombre comme lumière contenue, où, le bois, éprouvé, devient résilient. Ces pièces, évoquent ainsi, des fragments de forêts en dormance, avec des architectures naturelles et primitives, des objets qui ont traversé le temps, ou les formes sombres et calmes habitées par la trace du feu, conçues pour durer, comme un murmure après l’incendie.